mardi 12 mai 2026

Un air sous l'air

 
L’oeil tente encore,
une nouvelle fois, toujours, précipi-
tamment
d’emprunter (avec ce désir - assouvi? -
de fluidité et
de légèreté)
les linéaments du paysage pourtant rompu

alors il
il digresse, retors, il
s’anime de biais, reprend, traverse -
s’emballant, s’éparpillant…

Fixant, à force de fixer,
il est devenu
indépendant de son corps.

Il peut être là, derrière,
devant l’œil ou autour mais plus loin,
et avoir vu et vu autrement, mais avoir pris, alors,
il peut

avoir intégré et ramené au corps un horizon
de son ou d’odeurs. Il peut
se trouver
ici et là,
ailleurs non loin et un peu plus près
à la fois
vers l’extrême bord du visible,
et tout s’assemble dans la vision, alors, tout circule,
- présence, oui, présence -
même quand tout aura disparu.

Je sédimente ma pensée:
une mémoire anonyme
dans les lumières du corps infiltrées
- le rai de la porte, l’aigu
de la montagne, la souplesse
d’un visage, le râle invisible -

J’ouvre et rassemble le vol léger
des structures imparfaites, la décision
arbitraire des matières
pliées,
dépliées
au gré des vibrations sous l’air…

Elles se plient, se déplient, et nous avec, deviennent
plus légères, et nous avec,
je les vois maintenant et les ressens,
toujours mieux, en les devinant. 
Je sinue entre leurs strates et ne désire plus qu’elles
nimbées de leurs formes provisoires, latentes
et aléatoires.

Je les aime d’un amour qui fleurit
leurs futures éclosions.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Rivage

Je marche sur la plage, au bord de la mer ; sur cette ligne, je ne suis plus tout à fait un être de terre, pesant, lié par la gravité, ni en...