dimanche 13 septembre 2026

SILS

 Un soir :


l’eau par toutes ses nuances,

le soleil bas contre la paroi.


Nu dans Sils.


Je nage dans la lumière du lac.


Le corps électrique
dans la masse froide.


Ancré et léger
à la fois.


Dans la presqu’île de Chastè,
la forêt calcaire,
cette plaine de mer
montagneuse.

 

Les doigts
effleurent.


Le frisson.


Avancer vers le soleil,


remonter la source,


tailler
la matière liquide. 



Le vent pousse.


Les mains sectionnent
l’espace.


Ronds
dans l’eau.


Saisir la coulure —
l’intouchable.


Yeux fermés.


Corps à corps
entre l’infime
et la masse.


Quelle distance entre l’eau et la peau ?


La peau de l’eau.


Plus de membres,


seulement l’enveloppe
perdant
ses bords.



Tourner,


plonger
dans la nuit des lacs.


Après la pluie,
l’odeur sèche du pin.


Personne.


Au pied le sable granulé.


À l’oreille
le froissement de l’herbe.


(Sils Maria, Engadine)


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