Nage
nuit. Entrer
noir liquide
espace
sans horizon, fond,
rivage
perdu haut
et bas.
Liquidation
des lisières.
Vertige plein
de l’obscurité.
Évide la vue. L’oreille, la main
davantage.
Bruit sourd du coeur.
Eau amniotique,
veloutée, soyeuse, huileuse,
Gélatineuse.
Fluidité lourde,
somnambulique,
utérine.
Le mouvement des bras n’ouvre
pas l’eau, il la déplace, écartant
de grands rideaux de velours mouillé.
Noir déchiré
dans un clapotis sourd, rumeur
de sédiments remués,
referme derrière la nuque.
Sans contours le corps. Avance à l'aveugle,
les yeux grands ouverts
néant compact. Regarde
avec les bras, le torse, le déploiement du muscle
qui fend la masse. Force qui s'enfonce
primitif.
Sous la surface, texture du noir.
Fluide, fuyante, ou
dense, poisseuse, frôlé
des chevilles.
Plongeon, chute ascendante.
En arabesques éphémères.
Aspiration par le fond, épaisseur
sous les pieds qui te boit,
vertige de l’envers noir
vertical,
colonne d’eau obscure
touchant à l’aveugle, algues sables roches.
Immobile, un moment
avant de remonter, silence
de l’immersion.
Comme mourir, sans appel du bord,
corps allongé flottant
entre-deux noirs
seul nuit fondu
à la nuit fondu liquide
étendu dans la mer
le ciel même matière lumière.
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