Tourbillon
Je m’avance dans l’eau,
près des berges isolées,
et m’allonge tête vers le ciel.
Au dessus de moi la voûte
des arbres, les frondaisons.
Dans l'eau, miroir inversé
d'une forêt suspendue,
je commence à tourner à l’horizontal.
Le bleu s'enroule autour de mon corps,
linceul de soie liquide,
dans un murmure d'écume.
La tête chavire, légère
de cette ivresse volontaire.
Vertige contrôlé.
Les feuillages s'enroulent au-dessus de moi,
mêlant l'ombre des branches
à la transparence du courant.
À chaque rotation, la frontière
entre la terre et l'onde
s'efface.
La cime des arbres plonge
dans le bassin, les racines s'élèvent
vers les nuages.
Dissolution sacrée. Transe, prière païenne.
Aspiré
par cette danse des feuilles
et la lumière qui vacille,
je ne suis plus seulement un corps qui tourne,
mais le point fixe conscient
d'un cosmos végétal et liquide.
Tourbillon de peau et d’air.
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