jeudi 6 août 2026

Prose originelle de Tourbillon, démembrée ensuite pour le poème ( méthode récurrente)

 Tourbillon

Je m’avance dans l’eau, 

près des berges isolées, 

et m’allonge tête vers le ciel.


Au dessus de moi la voûte 

des arbres, les frondaisons. 


Dans l'eau, miroir inversé 

d'une forêt suspendue, 


je commence à tourner à l’horizontal.


Le bleu s'enroule autour de mon corps, 

linceul de soie liquide, 

dans un murmure d'écume. 

La tête chavire, légère 

de cette ivresse volontaire.

 

Vertige contrôlé. 


Les feuillages s'enroulent au-dessus de moi, 

mêlant l'ombre des branches 

à la transparence du courant. 


À chaque rotation, la frontière

entre la terre et l'onde

s'efface. 


La cime des arbres plonge 

dans le bassin, les racines s'élèvent 

vers les nuages. 


Dissolution sacrée. Transe, prière païenne. 


Aspiré 

par cette danse des feuilles 

et la lumière qui vacille, 

je ne suis plus seulement un corps qui tourne,
mais le point fixe conscient 

d'un cosmos végétal et liquide. 


Tourbillon de peau et d’air.

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