Dans l'embrasure
j'entends, là, maintenant,
une rumeur sans fin des ébats
avec la montagne
de vacanciers en saison saturée:
ouverture inouïe du son général et assidu
tout ce fourmillement qui bruit
impose un tempo à la pensée -
entre trilles et
hurlements de joie d'enfants,
s'épuisant à batifoler,
à ne rien reconnaitre,
ou fomentant artistiquement
de faux pleurs
des geignements de rois
recouvrant les remontrances de leurs parents
sous la pelletée assourdissante
d'un obscur et énième chantier en temps creux -
basse sonore prégnante matière
première insufflée
vers les doigts qui pianotent
la tête toute écoute attentive
dans l'attente
d'une soudure
de sensations diffuses
et éparses.
Prolongement de cri, enfant, mémoire de ces bruits
de chantier disséminés
dans de si nombreux espaces parcourus
en pertes d'oeils et oreilles
retrouvées
par cet air d'été.
Dans ces creux d'après-midi lâche et volatile
(l'écho de toutes ces après-midi
lâches et volatiles)
sinuant
comme le cerf-volant aperçu des persiennes
entre les ajours de l'aujourd'hui,
le geste
d'inscrire, retenir
ces légers fils
dans la profusion du présent:
verser dans le vers largeur détaillée, colorée, étoilée
de ce brouhaha capiteux, continuant
- vrombissements de guêpes,
klaxons lointains,
incitations à la gourmandise
d'adultes consentants,
voix fluette de fillette -
à l'ombre
d'une chambre sous le toit ;
à la fois
isolé et
dans l'air partagé
près du vasistas ouvert sur l'infini
de musiques ordinaires
quelqu'un
au milieu de la multitude.
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