mardi 4 août 2026

Dans l'embrasure

 

 

Dans l'embrasure 

j'entends, là, maintenant,

une rumeur sans fin des ébats 

avec la montagne 

de vacanciers en saison saturée:

ouverture inouïe du son général et assidu

tout ce fourmillement qui bruit 

impose un tempo à la pensée -


entre trilles et 

hurlements de joie d'enfants, 

s'épuisant à batifoler, 

à ne rien reconnaitre,

ou fomentant artistiquement

de faux pleurs 

des geignements de rois

recouvrant les remontrances de leurs parents

sous la pelletée assourdissante 

d'un obscur et énième chantier en temps creux -


basse sonore prégnante matière

première insufflée 

vers les doigts qui pianotent 

la tête toute écoute attentive

dans l'attente 

d'une soudure 

de sensations diffuses 

et éparses.

 

Prolongement de cri, enfant, mémoire de ces bruits

de chantier disséminés 

dans de si nombreux espaces parcourus

en pertes d'oeils et oreilles 

retrouvées

par cet air d'été. 


Dans ces creux d'après-midi lâche et volatile

(l'écho de toutes ces après-midi

lâches et volatiles)

sinuant 

comme le cerf-volant aperçu des persiennes

entre les ajours de l'aujourd'hui,

le geste 

d'inscrire, retenir

ces légers fils

en défaut de la totalité,

dans la profusion du présent:

verser dans le vers largeur détaillée, colorée, étoilée

de ce brouhaha capiteux, continuant

- vrombissements de guêpes, 

klaxons lointains,

incitations à la gourmandise 

d'adultes consentants, 

voix fluette de fillette  - 

à l'ombre 

d'une chambre sous le toit ; 

à la fois 

isolé et 

dans l'air partagé

près du vasistas ouvert sur l'infini

de musiques ordinaires

quelqu'un 

au milieu de la multitude.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Le feu intérieur

    Je fais du feu dans la maison. Le feu, esprit ardent et bouillonnant. Entretenir le feu chez s...