Je regarde en écrivant à travers une chambre noire, une chambre d’écho où les sons ne sont pas des noms mais des sédiments. La bouche est un trou d’ombre. Je parle de l’oubli d’où vient la bouche — la grande bouche totale et définitive qui donne voix à la naissance et nous avale à la fin du corps.
Je déplace l’air et tous les êtres apparaissent devant moi, et je regarde une main toucher sa bouche qui regarde l’autre en regardant sa propre bouche avec la main, la main devenue un organe de la vue déployant tous les attributs du corps dans ses flexions et ses extensions, tandis que des mains se promènent dans l’air et dansent sur place. Je prends les mains. Je les touche toutes. L’espace se résorbe : une présence passe de main en main, de visage en visage, de bouche en bouche. Le souffle tisse des liens invisibles.
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