jeudi 14 mai 2026

Cyprès

 



Devant moi se déploie doucement un rameau de cyprès, qui semble avoir été découpé dans la trame d’une frondaison, avoir contenu en lui la patience de toutes les forêts. Il porte une multitude d’écailles imbriquées, comme une cotte de maille végétale, d’un vert tendre, hésitant entre la fraicheur de l’herbe et la profondeur de l’émeraude.
Sa géométrie est gracieuse, avec une tige centrale de bois clair et souple se ramifiant en éventails plats, chaque branche répétant le motif de la précédente à une échelle plus réduite: une perfection architecturale et organique.
Même coupé, il vibre d’une vie persistante, toujours vert, lumineux ; il se contente d’être là, d’être beau, de me rappeler que la croissance la plus complexe se fait dans le silence et la lenteur.
Il est posé là sur la table, une main verte ouverte qui aurait renoncé à saisir le monde. Il ne sert à rien d’autre qu’à être regardé. J’y peux lire la carte d’un delta imaginaire, où chaque ramification serait un fleuve cherchant la mer. Mais je peux tout aussi bien continuer à le regarder comme il est, là, tout simplement, dans l’évidence de sa présence discrète et silencieuse.



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