mercredi 27 mai 2026

Prolifère

 

Prolifère. Prolifère, prolifère. Proféré, prolifère. Dans l’infime mouvement parfois. Prolifère. Oiseaux, arbres, fleurs, enfants. Profère, prolifère. Maintenant un arbre l’immense toi, dedans, au cœur, prends sa couleur. Emprunte les stries de son écorce, sinue dans les linéaments noirs. Fais du vert avec son putréfié de départ. Imagine. La croissance en accéléré de cet arbre. Tout en vert, jouissance, prolifère. Proliféré. Arbre l’immense soi maintenant…emprunté, donné-contre-donné. A l’univers. Prolifère. Maintenant, maintenant, maintenant, vas y, prolifère. Dans le bébé qui marche et pleure devant toi, et te voit et t’attend. Et t’entend. Comme toute chose partageant particules, on s’entend. Te tend les bras, l’autre. Comme il ouvre le monde à sa multiplication. A sa prolifération…Je suis, je suis…ces jambes, petites, qui tâtent le sol, ces mains qui touchent tout, cherchent le mouvement. Cherchent le mouvement qui fera brièvement sens et dira qu’une chose peut être existe, là, maintenant. Donnera la frontière avec soi, pour mieux en jouer, et jouer. A se perdre, à se disséminer. Dans le moindre mouvement, prolifère. Tu marches et tu marches et plus. Tu marches, et plus tu marches, et plus tu. Te colles à la matière du monde, mais…halluciné, proliférant…hallucinatoire prolifération, soi partout, disséminé dans l’hallucination, tous, l’animé. Et l’inanimé. Tremblant l’œil, devenu ça, puis ça, puis cela…et celui-ci, et celui-là, mais flou, mais sort, mais sort de l’œil et rentre, s’entremêle, laisse la place à l’autre, qui dort, qui dort, et recommence, soufflant, soufflant, dérivant, dérivant…La matière est infinie, elle ne s’arrête pas, je ne sais pas m’arrêter, je ne sais pas où je m’arrête, où sont les bords, dois je contenir ? Mais je coule avec elle…Elle ne s’arrêtera pas avec moi, continuera, participerons nous encore à sa circulation, atome, poussière, autre corps ? Suffisamment sauvage. Dans la boue colle ton œil, violent. Avec ce que donne le vent là. Masse d’air, pénétration de la chair. Par delà les organes, proliféré vent, air, boue, terre, et…Animal, rat sous le feuillage. Qui parcourt son espace courbe. S’enfuit au bruit. Mais mais aussi, en même même temps. Une pomme, pomme, pomme de pin, pin, tombe dans mon œil…je la sens, que faut-il ? Y mettre le poing, le poing, le définitif au paysage, cogner arbre, pâquerette, étendue, toujours plus étendue, mais…le détail ? Proliférons, entre les deux.  

 

Prolifère.

 

La tête au ciel.

Regarde le poudroiement des frondaisons.

 

Prolifère. Prolifère dans le vert

d’en haut soutenu par la lumière,

d’en bas la tête s’augmentant couleur. 

 

Prolifère.

 

Monte. Monte par le rythme…

 

Dans l’herbe marche sur les arbres,

découpe sa frondaison au sol, fais toi un nouveau corps.

 

Mets moi dans ta main au bac à sable, petite, ratisse avec la pelle.

 

Deviens deviens l’arbre.

De la tête prenant sa mesure…Une frondaison seule formant forêt.

 

Es-tu la face ou le revers de la feuille, le vert-lumière ou le vert-obscur?

 

Ma tête au ciel ne distingue plus. 

Sous l’étouffante chaleur, oiseaux, arbres, compressés, vitrifiés. 

Odeur puissante d’extinction.

 

Ce que donne le vent est masse d’air,

pénétration de la chair

par delà les organes. Dans la non-appartenance…

 

Et tête au ciel plus je souffle, plus je souffle et plus…le soleil darde, darde, et.

Rompt les limites.

Selon le soleil, rien ne se perd de la…butant dans le mental.

Les gens quand ils regardent les arbres

grandissent comme les arbres. 

 

 

Prolifère. Atomise.

Dans l’interminable travail de la matière-vocable.

Dans le suffisamment sauvage.

Seul qui rend les mots aptes à conduire au poème. 

 

La petite remplit un verre à la fontaine

pour lancer l’eau sur la pelouse. 

 

Soi tout contenu, puis.


Tout éparpillé.

 

Nourrissant la pelouse, entrant, se mêlant à l’herbe.

Changeant sa couleur. Proliféré. Du ciel au sol.

 

Prolifère.

 

Ta bouche est mon pied, j’empiète, et m’emporte,

avec un bout de corps autre, je lui apporte. 

 

Entre toutes voix, des essais, des essaims, en bruits de bouches, voix qui passent par. Toutes les bouches, qui passent par. Toutes les morts. Qui viendront après les bouches.

 

 

Les jeunes filles assises sur ces bancs, déjà elles mêmes, j’entends leurs voix,

elles sont en moi, elles sont en voix,

sans elles je n’ai pas d’oreilles, le bruit fait de moi une oreille,

fait de moi un lieu vers lequel…l’impermanence. L’interdépendance.

 

Prolifère.

 

Je suis cette femme qui dessine, cette femme qui tourne une page,

et ne suis rien à la fois.

Je suis cet homme qui photographie un brin d’herbe

je suis, ne suis pas, alternativement,

cette discussion entre deux étudiants.

 
Je suis dans l’intervalle. Du proféré, du proliféré.

 

Entre tes yeux lisant,

et ma bouche déformant.

 

Pour toi le monde qui ne s’agrippe pas assez au corps.

 

Par la parole, tu as tourné la tête vers moi, tu as fait immédiatement, je l’ai vu, de mes particules un corps assemblé, solidifié, et jusque dans leurs plus merveilleuses nuances, ajointées, un visage.

 

Tu as proliféré prolifiquement vers moi, toi

dont je connais seulement

les renvois de clignements,

et de mots, gentiment.

 

Hapax.

 

Je me multiplie rapide, anarchique, d’éléments divers. Dans tout organisme adulte ou même vieillissant. Subsistant dans quantité d'éléments immortels, qu'il suffirait d'isoler. Pour les amener à manifester. Leur pouvoir de prolifération

 infinie.

 

Indéfinie.


 

 

Parallèlement l’eau.

Fait glisser dans un autre état.

 

Télescopages. 

 

Papillon dans l’œil, le suivre,

suivre son œil le suivant

marchant son propre œil, s’ouvrant, se refermant,

comme les ailes.

 

Violence du dehors où s’assemblent les éléments

sans l’intervention d’une personne…

 

Proliférant.

 

Langue jusqu’à la bouche, abreuve. 

 

Main baladeuse, tête butineuse,

avec les éléments seuls

trouvera prolongement à la musique, à la parole.

 

Seul là. Avec vous.

Et tous dans ce chant saccadé.

 

Ouvert à l’indifférencié. Dévorant les relations,

dans l’outrecuidance des proférations.

Des proliférations.

 

Prolifère.

 

Je déplace

ce qui jouit du dehors

vers l’intervalle, 

diffuse à l’entour, de couleurs mêlées,

et m’endors.

 

Dans l’agité vif et l’interconnecté,

le qui va-et-vient, se cogne et rentre, sort,

force centrifuge…

 

ne pense pas qu’il y aura pensée. 

 

Pluie, pluie, il y aura gros bouillon. Toute la chair grossira…

proliférante, dans l’interminable. Qui profère.

Se profère, lui même, dans l’atmosphère.

 

Disséminées les gouttes sur la tête, dans la flaque,

étoilement, et

jointure des deux.


 

 

Le monde te choisit un corps, une fonction.

 

Tu enfouis ta tête dans le buisson comme l’oiseau, là, maintenant…

 

Une lame dans la flaque fait trembler l’œil et…on embrasse soudain un ciel dans son noir.

 

Après le noir, tu as oublié le je.

 

Tu profères pour approfondir

l’élargissement de partout nulle part.

 

Prolifère.

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